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the answer, my friend, is blowin' in the wind

the answer, my friend, is blowin' in the wind
Dans chaque église, il y a un petit autel avec des bougies que le visiteur peut allumer pour ses défunts, en échange d'une pièce. Ces bougies sont comme des pensées, la concrêtisation de nos souvenirs pour une personne disparue que nous n'oublierons jamais.
Sur ces autels, il y a toujours une flaque de cire compacte surmontée d'une bougie mourante éternellement allumée, source de feu pour ceux qui désireraient allumer la leur. Cette bougie est toujours là, jamais éteinte, 24h sur 24. Quelqu'un doit l'entretenir en secret, un prêtre, un préposé-de-la-bougie, mais on ne le voit jamais, il se faufile dans l'obscurité avec une bougie neuve chaque fois que la précédente a fini de se consumer sur l'autel et l'enfonce dans la flaque de cire constituée des dizaines de cadavres précédents ayant accompli leur devoir. On ne le voit jamais, ce type-là, mais il fait drôlement bien son boulot, car la fameuse bougie est toujours vacillante dans l'obscurité de ces églises si austères, et elle ne s'éteint jamais.

Enfin, je me suis rendu compte aujourd'hui que malgré une mère athée et un père fataliste, j'avais quand même été élevée à la sauce catholique. Cet après-midi, je suis allée à l'église avec ma mère qui voulait allumer une pensée pour sa propre mère, et juste à côté de l'autel il y avait une prière scotchée au mur de pierre, et elle contenait cette phrase : "luttons contre l'égoïsme, l'orgueil et l'impureté". Ceci représente assez bien une partie de mon combat quotidien avec mes pairs. Quoi que, impureté, c'est assez ambigu. Je suppose que la prière s'attaquait surtout à l'impureté du corps. Moi je vois plutôt ça comme l'image de l'impureté de l'esprit, c'est-à-dire la haine, la jalousie, la manipulation. L'impureté des sentiments, en quelque sorte.

J'aime beaucoup les églises, bien que je n'adhère à aucune religion. Cela ne m'empêche pas de laisser une chance à la prétendue puissance supérieure qui nous dépasse... agnostique, donc.
J'aime bien les églises car elles sont coupées du temps et du monde, elles sont un résidu de notre peur ancestrale, celle de ne pas savoir où l'on va, après. Celle ne pas savoir non plus d'où l'on vient et qui l'on est. Notre époque ne laisse pas beaucoup de place à ce genre de réflexions, les humains new generation se croient tout-puissants. Comme si quelque part, on était sûr de pouvoir tout vaincre, d'être invincibles, mais du coup, on est beaucoup plus faibles face à l'adversité quand la vie nous rattrape.


Image : Humming Bird, Thomas Woodruff

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# Posté le samedi 01 novembre 2008 13:33

Modifié le samedi 01 novembre 2008 13:53

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