would you be my ennemy ?

would you be my ennemy ?
J'ai une furieuse envie de raconter ma vie. C'est fou, hein ? Y'a pas tellement longtemps je faisais tout pour la cacher, l'enfouire dans le secret, l'oublier, ne pas exister peut-être. Et là ça me prend, comme ça, envie d'écrire de la merde ici-même, sous vos yeux ébahis. Ou émerveillés. Quoi ? oui, je me voile la face, je sais bien que vous n'en avez rien à carrer mais quand même, puisque vous êtes là, vous allez lire non ?
Non ?
Ah.

Bref. Je sais qu'il y a un truc qui ne va pas en ce moment mais je n'arrive pas à cerner quoi. Pourtant, à bien y regarder, j'ai une vie sociale plutôt active, je m'en sors bien avec mes cours, j'ai des projets plus ou moins gros en vue dont des voyages, la perspective de partir en Ecosse l'année prochaine - pays de mes fantasmes enfantins, bref, l'avenir s'annonce plutôt bien... et pourtant, je suis possédée par une impatience permanente, ma tolérance est proche de zéro, les gens me paraissent cons et je m'énerve très facilement, je fais des cauchemars atroces, ce type de cauchemars qui te font te réveiller au beau milieu de la nuit avec une impression tellement sale et malsaine qu'impossible de se rendormir, un coup j'ai besoin d'être seule car la présence de quiconque m'insupporte et la seconde d'après j'ai besoin d'une présence réconfortante. Je me dispute avec beaucoup de gens, je me réconcilie comme je peux, je suis d'un lunatisme hallucinant et je passe de la colère au rire, du rire aux larmes, des larmes à l'impatience et tout ça m'épuise. Je suis claquée.

* soupir *

# Posté le mercredi 10 décembre 2008 14:21

the river of time is our vantage point

the river of time is our vantage point
Certains de mes amis se moquent de moi parce que je n'arrive pas à faire des choix.
Je suis là, l'air hébété, un truc dans une main et un truc à peu près identique dans l'autre, et je ne sais pas lequel acheter, parce que, bon, je pourrais faire le mauvais choix. Je pourrais regretter d'avoir pris ça alors que ça, c'était mieux.

Mais prend n'importe lequel, tu regretteras de toute façon !
S'pa vrai.

Mais si, c'est vrai.

Tare malheureusement génétique : il faut nous voir mon père et moi essayer de choisir un sapin de Noël.

Il est trop petit
I
l est pas assez fourni en bas...
J
'aime pas la couleur des épines, tu vois elles sont un peu jaunes , et puis marron là, on dirait un marbré au chocolat, c'est moche
Y'
a pas de branche en haut !
I
l est tout plat de ce côté, mais si, mais si regarde !


De vrais professionnels du sapin. Faut voir les remarques extrêmes auxquelles on arrive, tels de grands stylistes de mode en quête du détail scintillant qui fera LA différence.

Mais woui chéwi, comme ça c'est pawfait

Tout en sachant, quelque part, qu'on ne le trouvera jamais, ce fameux détail. Un sapin plutôt qu'un autre ? De toute façon il y avait toujours mieux... quelque soit notre sélection finale, il y a toujours mieux.
Résultat, on a cherché dans deux endroits différents, pendant 1h30 à peu près, et on a toujours pas acheté de sapin... :D

Là je vous parle de choix à la con. Mais qu'en est-il des choix cruciaux, ceux qui sont déterminants dans la vie ? A bien y réfléchir, je crois que je n'en ai fait qu'un seul jusqu'à présent, un seul véritable grand choix : celui d'aller en psycho. D'abandonner médecine et d'aller en psycho. Ma décision à moi. Je ne la regrette pas, j'y ai trouvé ma place. Mais il n'empêche que quelque part, je me demande, n'y avait-il pas mieux ailleurs... ? encore mieux ?
J'ose même pas imaginer ce que ça donnera quand j'aurais des enfants...


mignon, mais j'suis sûre que j'aurais pu mieux faire


.... Misère. On verra bien.

Image : DisneyLand Paris. Oui, ça n'a aucun rapport.

# Posté le mardi 09 décembre 2008 13:27

Modifié le mardi 09 décembre 2008 14:59

the answer, my friend, is blowin' in the wind

the answer, my friend, is blowin' in the wind
Dans chaque église, il y a un petit autel avec des bougies que le visiteur peut allumer pour ses défunts, en échange d'une pièce. Ces bougies sont comme des pensées, la concrêtisation de nos souvenirs pour une personne disparue que nous n'oublierons jamais.
Sur ces autels, il y a toujours une flaque de cire compacte surmontée d'une bougie mourante éternellement allumée, source de feu pour ceux qui désireraient allumer la leur. Cette bougie est toujours là, jamais éteinte, 24h sur 24. Quelqu'un doit l'entretenir en secret, un prêtre, un préposé-de-la-bougie, mais on ne le voit jamais, il se faufile dans l'obscurité avec une bougie neuve chaque fois que la précédente a fini de se consumer sur l'autel et l'enfonce dans la flaque de cire constituée des dizaines de cadavres précédents ayant accompli leur devoir. On ne le voit jamais, ce type-là, mais il fait drôlement bien son boulot, car la fameuse bougie est toujours vacillante dans l'obscurité de ces églises si austères, et elle ne s'éteint jamais.

Enfin, je me suis rendu compte aujourd'hui que malgré une mère athée et un père fataliste, j'avais quand même été élevée à la sauce catholique. Cet après-midi, je suis allée à l'église avec ma mère qui voulait allumer une pensée pour sa propre mère, et juste à côté de l'autel il y avait une prière scotchée au mur de pierre, et elle contenait cette phrase : "luttons contre l'égoïsme, l'orgueil et l'impureté". Ceci représente assez bien une partie de mon combat quotidien avec mes pairs. Quoi que, impureté, c'est assez ambigu. Je suppose que la prière s'attaquait surtout à l'impureté du corps. Moi je vois plutôt ça comme l'image de l'impureté de l'esprit, c'est-à-dire la haine, la jalousie, la manipulation. L'impureté des sentiments, en quelque sorte.

J'aime beaucoup les églises, bien que je n'adhère à aucune religion. Cela ne m'empêche pas de laisser une chance à la prétendue puissance supérieure qui nous dépasse... agnostique, donc.
J'aime bien les églises car elles sont coupées du temps et du monde, elles sont un résidu de notre peur ancestrale, celle de ne pas savoir où l'on va, après. Celle ne pas savoir non plus d'où l'on vient et qui l'on est. Notre époque ne laisse pas beaucoup de place à ce genre de réflexions, les humains new generation se croient tout-puissants. Comme si quelque part, on était sûr de pouvoir tout vaincre, d'être invincibles, mais du coup, on est beaucoup plus faibles face à l'adversité quand la vie nous rattrape.


Image : Humming Bird, Thomas Woodruff

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le samedi 01 novembre 2008 13:33

Modifié le samedi 01 novembre 2008 13:53

ce matin, le voisin...

ce matin, le voisin...
[ la minute utopiste ]

Il y a un truc qui me fait doucement rigoler : ceux qui disent détester l'humanité toute entière (en général sous la forme d'un « j'aime pas les gens. ») et qui, parfois, se croient originaux dans leur connerie. C'est très à la mode, de ne pas aimer ses pairs, alors que très souvent ce genre de déclaration s'accompagne d'une vie sociale plutôt bien développée.
Qu'est-ce qu'ils veulent dire, en fait ? Qu'ils n'aiment pas la foule ? qu'ils trouvent que personne n'est intéressant ? que personne ne mérite d'être connu ?
Si quelqu'un peut m'expliquer, j'aimerais comprendre.
Non parce que, j'ai beau avoir une grande gueule, je me rends compte que finalement, ma seule véritable originalité, c'est celle-ci : j'aime les gens. Et pourtant je ne supporte pas la foule, je suis ultra timide aux premiers abords, on m'a parfois prise pour une conne moi aussi, on m'a parfois marché sur les pieds et il m'est déjà arrivé de me faire insulter dans la rue sans raison. Moi aussi, je me tiens (vaguement) informée de l'actualité, les supers faits-divers où untel a pété un plomb et tué toute sa famille, les pédophiles, les terroristes, les psychopathes en tout genre, je sais que tout cela existe et je ne me voile pas la face. Mais là il n'est pas question de nature humaine.
Si l'on déteste les humains, comment peut-on s'aimer ? Comment peut-on non seulement avoir l'idée de vivre en société ? On est tous dans la même galère, on vit des choses similaires, on comble mutuellement notre solitude commune. On est des milliards sur terre à avancer péniblement sur le même fil du rasoir.
On peut haïr certaines personnes, pour valeurs morales, idéologiques, ou encore personnelles. Mais comment est-il possible d'englober le monde entier dans le même schéma ? Comment est-il possible de détester cette humanité qui avance, d'un même mouvement, sur la même route que nous ?

Photo : Boston

# Posté le mardi 14 octobre 2008 12:42

Modifié le mardi 14 octobre 2008 14:18

I want to hear the scream of the butterly

I want to hear the scream of the butterly
En ce moment, ma vie manque cruellement de magie. Celle-ci s'est perdue quelque part, entre la fin du lycée et la concretisation de mon univers imaginaire. Besoin que les choses aient un but, que le quotidien ait un sens, que les projets soient précis afin de savoir où je vais et évite de me cogner contre un mur au passage. Ainsi le quotidien a pris le dessus sur la vraie liberté, celle qui permet de s'évader grâce à l'esprit.
J'ai peut-être aussi rencontré la mauvaise personne, celle qui m'a plongée dans un univers littéraire fascinant mais tellement brut, Bukowski, Fante ou Burroughs, des écrivains tout ce qu'il y a de plus humains et matérialistes, qui m'ont noyée dans une réalité sauvage et crue, celle de l'humain en quête de survie. Cette réalité qui n'existe pas dans l'univers de l'enfance, et qu'en grandissant nous apprenons malgré nous à accepter comme la seule réalité possible et existante. C'est aussi en grandissant que l'enfant découvre la dépression et le désespoir.

Quand je vois ce que j'ai pu écrire ces derniers mois, ou les conversations que j'ai pu avoir, le résultat n'est pas inintéressant mais terre à terre. Des histoires concrêtes, dans notre monde à nous, des faits quotidiens et ancrés dans notre réalité terrestre. Où sont passées les élucubrations surréalistes de mon adolescence ? les personnages mi-morts mi-vivants, la jeune fille qui se métamorphose inéluctablement en fleur sans aucune explication logique, les villes sous l'eau, les mondes parallèles accessibles grâce aux diamants ?
Il a fallu que suite à une conversation, je regarde le film L'histoire sans fin pour me rendre compte que je n'avais pas perdu tout ça. Ce film a fait ressurgir des sentiments depuis longtemps enfouis, l'émerveillement, la surprise, la poésie. L'imaginaire ne m'a pas quittée et il ne tient qu'à moi de faire vivre ces histoires. La magie est en chacun de nous et elle est nécessaire : sans elle, nous ne sommes pas vraiment entiers, et la vie est tellement fade si on se contente de la vivre platement. Il n'est pas facile de gérer le rôle que l'on doit jouer dans la réalité, et le monde intérieur dans lequel nous évoluons, mais il faut le faire. Pour que Fantasia perdure ;)

# Posté le samedi 11 octobre 2008 10:37